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PPN: L’Etat parle d’un risque réel de pénurie de riz

Le scénario annoncé par le Plan multisectoriel d'urgence (PMDU) est bien loin des discours rassurant du ministre du Commerce ou de celui de l'Agriculture. Un risque de pénurie de riz est bien réel si des mesures d'urgence ne sont pas prises.

Tout le monde a intérêt à retrousser les manches. C’est l’État lui-même, dans son plan multisectoriel d’urgence, qui parle d’un risque réel de pénurie de riz vers la fin de l’année 2020 et pour la prochaine période de soudure. “Le gap prévisionnel est estimé à au moins 200 000 tonnes de riz blanc”, d’après ce qui est indiqué dans ce plan, sorti au début de ce mois de juillet.

L’Etat base ce scénario sur le fait que le pays reste vulnérable au dérèglement de la logistique et de la distribution à l’échelle internationale. Le risque de pénurie est réel, “surtout si aucune mesure urgente et prioritaire n’est mise en œuvre pour “booster” la production de cette deuxième campagne et la campagne précoce ou “vary aloha” des régions des hautes terres.

Il va falloir “booster” la production locale

Pour se préparer  à l’urgence, le PMDU indique alors l’octroi de 5000 tonnes de semences à haute performance, financées à 85% et 500 tonnes d’engrais minéraux financés à 50% aux paysans. Ce, pour relancer la deuxième campagne agricole et pour un objectif de 25% de la production nationale. Un mécanisme de suivi de la distribution des semences et des engrais et des outils d’épandage ainsi qu’une formation dans leur utilisation sont également annoncés. Sans parler des activités HIMO/ACTP qui seront dédiés aux 42500 personnes ayant perdu leurs emplois.

La SPM entre en scène

Une importation massive semble d’ailleurs se préparer, en se référant à l’appel à manifestation d’intérêt récemment lancé par la SPM SA (State procurement of Madagascar). Cet appel est lancé pour le recrutement de grossistes distributeurs agréés en riz, disposant d’une capacité financière conséquente.

Un ou deux grossiste distributeurs seront sélectionnés pour sept zones de distribution. Parmi les critères de sélection, l’opérateur ne doit pas, par exemple, avoir fait l’objet d’un procès-verbal d’infraction aux titres des lois régissant le commerce et être en règle vis-à-vis du Fisc et de l’organisme sociale et sanitaire. Celui-ci doit accepter par écrit d’être contrôlé périodiquement par les services compétents en charge du commerce et de fixer une marge commerciale plafond conformément à l’exigence de la SPM.

Espérons alors que les stratégies mises en œuvre parviendront à épargner ce risque de pénurie annoncé par l’État. Et que les autorités joignent leurs paroles aux actes.

 

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