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Restriction de visite: Risque d’augmentation des tentatives d’évasions dans les prisons

La détresse psychologique des détenus gagne du terrain. Les prisonniers sont livrés à eux-mêmes car non seulement les visites sont interdites mais leur jugement est encore en « stand-by » en cette période d’urgence sanitaire.

Le moral à zéro ! C’est ce que ressentent les prisonniers depuis le début de cette crise sanitaire. Afin d’enrayer la propagation du coronavirus et de protéger la santé de tous, les visites des détenus par leurs avocats ou leurs familles restent suspendues jusqu’à nouvel ordre. Une situation qui affecte beaucoup l’état psychologique des prisonniers.

La positivité de certains d’entre eux au test du coronavirus n’a fait que compliquer la situation. Durant la remise de dons aux 82 prisons de Madagascar en réponse face au Covid-19, la représentante résidente de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Charlotte Faty Ndiaye, qui est aussi la coordinatrice résidente  des Nations Unies à Madagascar tire la sonnette d’alarme à ce sujet.

« En dehors des conditions alimentaires et hygiéniques inadéquates, nous voulons attirer l’attention sur le problème de séparation catégorielle car les mineurs et les adultes sont logés dans les mêmes cellules. Tout ceci tend vers l’augmentation du nombre de tentatives d’évasion liée aux facteurs psychologiques générés par la panique et la solitude», a-t-elle indiqué.

Pour préserver les maisons de force contre la propagation du coronavirus, des mesures ont été prises. Outre l’interdiction de tout contact avec les visiteurs, tous les détenus fraichement arrivés sont mis en quarantaine. Pendant une quinzaine de jours, ils sont interdits de côtoyer les autres détenus. Des tests de dépistage au coronavirus sont également effectués pendant cette période de quarantaine.

Pour la maison de force d’Antanimora, un cas positif a été enregistré sur les 500 tests déjà effectués si 300 détenus sont encore en attente des résultats de leurs tests.

De nombreux prisonniers en attente de jugement

Malgré la promesse faite par le Président de la République en novembre 2019 concernant la réduction de l’utilisation de la détention préventive et l’amélioration des conditions carcérales, la réalité est tout autre. Dans la maison carcérale d’Antanimora , la majorité des détenus ne sont pas jugés depuis le début de cette crise sanitaire. Ils sont ainsi contraints d’y rester pendant trois mois, bien qu’ils aient pu retrouver la liberté. Les détenus se sentent lésés car non seulement la solitude est pesante mais leur avenir est aussi incertain.

Selon une source pénitentiaire, tous les indices et les analyses portent à croire que les évasions fréquentes de ces derniers mois comme ce fut le cas à Arivonimamo, Ihosy ou encore Ambatondrazaka n’est pas fortuit mais sont toutes liées à la détresse psychologique des détenus.

« Nous essayons au maximum de leur offrir notre soutien pour qu’ils puissent garder le moral. Le nombre de détenus qui obtient de l’approvisionnement alimentaire venant de leurs familles a également réduit de moitié en cette période», relate encore notre source.

 

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