Société

Confinement : Explosion des actes de violence conjugale

Le nombre de violences conjugales signalées à travers la ligne verte 813 a été multiplié par cinq durant le confinement. L’isolement forcé des familles au sein de leur foyer a fait naitre une autre crise dans cette crise sanitaire.

Les femmes ont particulièrement souffert de cette période d’enfermement forcé à cause de la propagation du coronavirus. Le confinement réussit assez mal à un certain nombre de personnes qui restent longtemps à leur domicile, et parfois sous l’emprise de l’alcool, exacerbe des violences contre leurs conjointes.

Les cas dénoncés à travers la ligne verte 813 ont connu une forte hausse, selon le Directeur général de la protection sociale au niveau du ministère de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme (MPPSPF), Naina Randriamanjara. Depuis le mois de mars jusqu’au 05 juillet, 3556 signalements ont été reçus dont 1600 appels pour les violences physiques, 106 pour les violences sexuelles, 727 pour les violences accompagnées de coups et blessures, et 1123 pour les violences psychologiques.

“Ce n’est pas seulement les victimes qui dénoncent ce qu’elles ont vécu mais leurs entourages brisent également le silence et n’ont pas manqué de signaler ce qu’ils ont vu ou entendu. 331 appels ont été reçus à cet effet et nous collaborons aussi avec la brigade féminine de proximité”, a-t-il souligné.

Le rapport publié par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) relate également cette triste réalité. Cinq fois plus de victimes sont enregistrées sur la ligne verte 813, passant de 50 victimes au cours de la semaine du 25 au 30 avril à 234 victimes au cours de la semaine du 1er juin au 7 juin selon les données de l’UNFPA. La perte d’emploi ou encore la dégradation de la situation financière durant cette crise sanitaire sont à l’origine de ce fléau selon les études menées par cette agence onusienne.

Des amendes jusqu’à 4 millions d’ariary

Depuis novembre 2019, Madagascar s’est doté d’une loi qui condamne les violences basées sur le genre. Des peines pouvant aller de six mois à cinq ans de prison ainsi que des amendes allant jusqu’à quatre millions d’ariary sont encourues par leurs auteurs.

Malgré l’augmentation du nombre des appels reçus par cette ligne verte, nombreuses sont encore les femmes qui n’osent pas briser le silence. Certaines pensent encore qu’il est tout à fait normal que les femmes subissent des violences et qu’elles doivent juste se taire comme le dit l’adage “ny tokantrano fihafiana”. D’autres craignent l’emprisonnement de leur conjoint et ne viennent se plaindre que lorsque qu’elles ne supportent plus les coups.

 

 

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