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Covid-19: «La situation est grave» dans les hôpitaux selon les internes

Les internes dénoncent le manque d’équipements de protection disponibles, s’estimant laissés pour compte. Après avoir lancé un ultimatum pour réclamer plus de moyens, ils sont entrés en grève illimitée dans tout Madagascar. 

L’heure est grave! C’est la qualification de la situation actuelle dans les hôpitaux publics par les étudiants en 7ème et 8ème année de la Faculté de Médecine. Rien que pour la matinée du lundi 29 juin, ils ont indiqué qu’une personne suspecte d’être infectée de coronavirus a été décédée au service des urgences d’un grand centre hospitalier de la capitale.

Il se trouve pourtant que cette personne a été prise en charge en premier par un interne qui ne disposait même pas d’Equipements de protection individuelles (EPI) dignes de ce nom selon le président de l’association des internes, Mosa Zafimaro.

Ce cas n’est pas isolé car bon nombre d’entre eux sont confrontés à une situation similaire. Certains ne sont même pas au courant de la positivité du test virologique des patients qu’une semaine après leur admission dans les hôpitaux alors que ces malades étaient déjà en contact avec eux pendant plusieurs jours.

«Nous travaillons à nos risques et périls en mettant aussi en danger la santé de nos famille et de nos entourages dans la société. Nous avons déjà tiré la sonnette d’alarme et nous avons déjà frappé à la porte de notre ministère de tutelle mais nos efforts sont restés vains», déplore Mosa Zafimaro.

De ce fait, tous les internes des hôpitaux dans tout Madagascar sont entrés en grève . Vêtu de leurs blouses blanches, ceux d’ Antananarivo se sont donné rendez-vous devant le terrain de basket du Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA). Cette grève ne concerne pas uniquement la capitale qui compte 600 internes environ mais s’étend aussi dans les chefs-lieux de province pour faire entendre leurs voix. Aucun service minimum ne sera effectué tant qu’ils n’auront pas entre leurs mains leurs EPI. En parallèle, ils revendiquent aussi les primes de risques promises par le Président de la République.

Concernant l’impact de cette grève dans les services hospitaliers, le directeur du CHU JRA, le Pr Olivat Rakoto Alison, a indiqué qu’elle n’est pas du tout au courant de cette manifestation estudiantine. Elle a aussi noté que tous les services auprès de cet hôpital fonctionnent normalement. De l’autre côté, l’association des internes a souligné qu’une demande d’autorisation de grève a été déjà adressée à la direction mais elle n’a pas obtenu le feu vert des responsables.

Pas de test systématique pour le personnel de santé

Bien que les internes soient en contact permanent avec les patients suspects et les patients qui sont déjà testés positifs au coronavirus, ils ne bénéficient pas de test de dépistage systématique. Tout comme les citoyens «ordinaires», ils ne peuvent effectuer les tests de dépistage au coronavirus que lorsqu’ils présentent les symptômes les plus courants de cette maladie. Kiady, un membre de cette association des internes a soutenu  que ce test est indispensable pour limiter la propagation du virus et pour préserver les patients qui ne sont pas encore contaminés.

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