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Cnaps-Air Madagascar: Des milliards de fonds de retraite injectés dans une compagnie à l’agonie

La CNAPS est un organisme chargé de gérer le fonds de retraite des employés du secteur privé. Son entrée dans le capital d’Air Madagascar suscite à la fois inquiétude et interrogations.

Faire fructifier la cotisation des employés du secteur privé, en tirer du profit de manière à ce que ce fond destiné au paiement de leur future retraite s’autoalimente et soit toujours suffisant. C’est la mission principale de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNAPS). Pour ce faire, les placements dans des capitaux font partie justement des outils à sa disposition à condition qu’il s’agisse d’un investissement jugé sûr et qui rapporte.

C’est là justement le problème puisque, de prime à bord, Air Madagascar est loin d’être une bonne affaire dans sa situation et avec le contexte actuel avec ses dettes et la crise mondiale du transport aérien due à la crise sanitaire. S’agit-il réellement d’une décision dictée par la logique de  business ou simplement une décision politique?

Est-ce une bonne décision pour la Cnaps?

Rappelons que la CNAPS était déjà actionnaire, à hauteur de 11% d’Air Austral (NDLR : l’ancien partenaire stratégique de la compagnie nationale malgache) depuis 2017, pour un montant de 15 millions de dollars. Elle a par la suite décidé de s’en dégager et d’affecter la valeur de ces actions dans le capital d’Air Madagascar. Le 17 juillet, le pacte d’associés et l’accord de partenariat entre les deux compagnies ont été résiliés. Ce qui prévoyait alors la cession de 123 866 266 actions représentant 43,78% du capital social d’Air Madagascar détenues par Air Austral Invest au profit de la CNAPS et de 420 981 actions représentant 6,79% d’Air Austral, détenues par la CNAPS, au profit d’Air Austral dans le cadre d’une réduction de capital. “Air Austral a rétrocédé les 12 millions de dollars de la CNAPS en guise de transfert d’actions”, précisait un quotidien local.

Air Madagascar : un bon coup?

Que la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNAPS) entre dans le capital d’Air Madagascar n’est donc pas une surprise. Mais ne se serait-elle pas embourbée dans les problèmes interminables d’une entreprise déjà à l’agonie? se demandent beaucoup d’observateurs dont les cotisants. Il suffit en effet de se référer à leur réaction sur la toile, au lendemain de l’annonce de cette décision par voie de presse, pour comprendre leurs inquiétudes et interrogations. Air Madagascar est-elle réellement un bon coup? Où en est-elle avec le règlement de ses dettes? Ne parle-t-on pas dernièrement de sa faillite? Qu’en est-il de l’Affaire des deux Airbus A340 qui l’oppose à Air France? Quel plan à mettre en œuvre pour son redressement et avec quels appareils compte-t-elle redécoller et quand avec la crise actuelle?

D’autres se posent la question si la CNAPS ne devrait pas plutôt revenir à sa mission primaire au lieu de se préoccuper de l’avenir d’Air Madagascar et agir pour ses cotisants qui se trouvent actuellement en difficulté voire au chômage. L’association Alefa Madagasikara a, par exemple, avancé la création d’une caisse d’allocation chômage, destinée aux employés en règle vis-à-vis de la CNAPS. Une caisse qu’elle préfinance au démarrage mais renflouée ultérieurement par les cotisations chômages permanentes et définitives des travailleurs et leurs employeurs.

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