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Crise économique: L’avenir du secteur textile compromis

La campagne d'été pour le secteur textile ne tardera plus à être bouclée. Le bilan est négatif et l'avenir s'annonce plus que jamais incertain pour ce secteur et les milliers d’emplois qu’il crée.

Le secteur textile traverse un moment très difficile et est malheureusement encore loin de voir le bout du tunnel. Pour la campagne d’été qui se bouclera au mois d’août, le bilan dressé par le président du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), Herilanto Rakotoarisoa, est négatif. Il fait actuellement état d’une baisse de 30 pourcent de chiffre d’affaires des entreprises et entre 30 à 50 pourcent d’employés envoyés au chômage technique.

Et encore, les rares entreprises qui ont réussi à négocier des contrats avant le bouclage de la campagne d’été se lancent dans une véritable course contre la montre pour honorer les commandes reçues. “Ce qui n’est pas une mince affaire, avec les dispositions prises récemment par l’État pour limiter la propagation du Coronavirus, incluant une réduction des heures du travail”, lance-t-il.

Tout se jouera cependant sur cette capacité des entreprises malgaches à honorer les commandes reçues. Les négociations pour la campagne d’hiver sont déjà lancées et les entreprises défaillantes risquent de perdre des clients, et les reconquérir dans l’avenir sera difficile, explique-t-il.

“Il faut savoir que plusieurs pays commencent à déconfiner et que nos clients membres de l’AGOA ou en Europe reprennent petit à petit leurs activités. Mais nous ne pouvons pas négocier la campagne d’hiver si nous ne sommes pas capables de boucler correctement celle de l’été”, poursuit notre source.

Des employés se ruent dans les usines, à pied

Une opération qui n’est cependant pas sans risques, surtout sanitaires, malgré les dispositions prises au niveau de chaque entreprise. Mais ce ne sont pas seulement les entreprises qui veulent opérer mais ce sont surtout les employés, qui peinent à joindre les deux bouts, qui insistent à travailler. Chaque matin, ils sont des milliers à se rendre à pied au travail, pour ceux qui ne peuvent pas être transportés par des véhicules de personnel. Or, ils ne touchent pour la plupart que la moitié de leur salaire habituel en ce temps de confinement.

“C’est désolant de constater qu’une partie de ces employés se sentent plus en sécurité au travail que chez eux, si d’autres n’ont pas le choix. Ils s’y rendent pour s’assurer d’un revenu en ce temps de crise. Il faut d’ailleurs se rendre à l’évidence que tant qu’ils n’ont pas de quoi se mettre sous les dents, le risque d’une explosion sociale est toujours à considérer. Or, durant ces trois derniers mois, l’Etat nous a bien fait comprendre qu’il ne nous viendra pas en aide face à l’urgence de la situation”, conclut Herilanto Rakotoarisoa.

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