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Exportation: Le prix minimum de la vanille revu à la baisse

L’Etat a décidé de réviser à la baisse les prix minima de la vanille sur le marché international. Une décision destinée à éviter la crise mais qui a un impact sur la motivation des opérateurs locaux.

Jusqu’à combien sommes-nous prêts à baisser? C’est la question que se posent actuellement les observateurs de la filière vanille à la suite de la décision du ministère du commerce (MICA) de revoir une fois de plus les prix minimums de ce produit phare de la Grande île. Une différence de 100 dollars est enregistrée entre la campagne 2019-2020 et celle de 2020-2021.

En effet pour rappel, le ministère du commerce (MICA) s’était convenu avec les opérateurs sur les prix à appliquer pour la campagne 2019-2020, clôturée au mois de mai. Il était imposé que la vanille s’achetait à 900000 ariary auprès des planteurs et que le prix minimum à l’export était de 350 dollars par kilo. Et déjà pour cette campagne 2020-2021, le MICA et le ministère des Finances ont décidé de réviser à la baisse le prix minimum sur le marché local pour la vanille préparée stabilisée à 650 000 ariary le kilo et le prix FOB minimum à l’exportation à 250 dollars par kilo.

Un stock de 600 tonnes reste à écouler

Les autorités locales veulent  ainsi sauver l’or vert, qui a déjà connu les prémices d’un renversement de marché, en tentant de limiter l’appétit des spéculateurs. La flambée du prix de la vanille malgache qui avait atteint des sommets a poussé des acheteurs internationaux à bouder la Grande île. La montée en force des autres pays producteurs comme l’Indonésie ou l’Ouganda ainsi que la concurrence de la vanille artificielle ne sont pas à minimiser même si Madagascar détient encore plus de 70% du marché mondial de ce produit. “L’objectif est avant tout de pérenniser la filière”, a souligné le ministre Lantosoa Rakotomalala.

Mais une telle décision n’est pas sans conséquence. Lors de la campagne de la vanille 2019, plusieurs planteurs ont préféré garder soigneusement leurs produits au lieu de les vendre, suite à une baisse de prix qui leur etait proposés par les collecteurs.

Pareil pour les exportateurs qui étaient également réticents à envoyer leurs produits, à cause des prix proposés par leurs clients à l’étranger qui ont également chuté. Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de la région Sava, Zakir Mamodaly, a alors indiqué qu’un stock de plus de 600 tonnes de cette dernière campagne reste encore à écouler.

La seule différence peut-être, c’est la précarité de la condition de vie de la population en cette période de crise. Ce qui contraint les opérateurs à vendre, quels que soient les prix imposés.

 

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