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Le temps est dur pour les gouvernants et, du coup, pour tout le monde

Non! Ce "nouveau" régime ne s'est pas préparé pour gouverner. Juste trop pressé de prendre le pouvoir, par tous les moyens.

Ils n’avaient pas prévu cela. Ils comptaient réaliser la PGE en conjuguant l’IEM. Ces projets mirobolants, à plein les yeux. Ces promesses d’infrastructures de paraître scintillantes, ces nouveaux villages fantastiques, et ces écoles primaires publiques colorées avec parking! Ils comptaient réaliser ces barrages dont les financements auraient été déjà prêts, comme annoncé durant la campagne électorale.

Mais pour le moment, le sort en a décidé autrement. La cause, ce virus qui frappe le monde. Ce virus qui oblige les gouvernants à modifier leur voie, ce virus qui contraint le Grand Argentier à réorganiser son portefeuille, ce virus qui trahit la feuille de route. Alors que le temps passe. Les cinq ans de mandat présidentiel paraissent soudainement courts. Trop courts. A leurs yeux. Sans conteste, le virus, la covid-19, est une excuse. Dans un sens, valable.

Ce nouveau régime s’est préparé pour être élu. Et il s’est bien préparé: financements, matériels, communication, etc. Mais il ne s’est pas bien préparé pour gouverner. On sent toujours qu’il manque d’expérience. Il ne cesse de rééditer les faiblesses des régimes précédents (manque de transparence, club de businessmen, arrestations, etc). C’est comme si le pays n’avait pas de feuille de route économique, juste des grandes lignes coïncidant avec les habituelles conditionnalités des partenaires techniques et financiers. Ce “Plan Marshall”, annoncé lors d’un discours d’une nuit, répond-il efficacement aux impératifs de la crise du coronavirus? Où en est-on actuellement, surtout après les rencontres avec le secteur privé? Avons-nous avancé? Si oui, c’est mal communiqué, alors?

Ils n’avaient pas prévu cela. Soit. Avec le virus, on serait tenté de ne pas ironiser. C’est manquer d’éthique et d’honnêteté. Cette fois-ci, on les épargne du «gouverner, c’est prévoir». Mais cette crise devrait constituer pour nos gouvernants actuels un levier pour montrer qu’ils sont de véritables hommes et femmes d’Etat. Qu’ils sont capables de gérer une crise gigantesque, une crise à dimension sociale hétéroclite, avec d’irréductibles péripéties. Maintenant, avec le virus, nos gouvernants savent – à travers le confinement qui ne dit pas son nom – qu’il y a des gens, pauvres, cherchant au jour le jour leur pain quotidien, totalement démunis, obligés à sortir chaque jour pour trouver quelques ariary pour le seul dîner du soir, des citoyens restant tributaires d’une politique sociale insaisissable dont ils ne voient pas la couleur. Maintenant, les gouvernants savent qu’il y a d’autres priorités à considérer avant les infrastructures mirobolantes, avant les dépenses inutiles en béton, avant la politique de paraître, si on veut vraiment progresser.

Serait-il temps de penser à une réforme agricole efficace plutôt qu’à un colisée? Serait-il temps de trouver une solution pérenne au chômage grandissant dans les grandes villes au lieu d’engager des dépenses énormes dans certains projets non urgents? Serait-il temps de penser à la famine dans certaines régions et d’y trouver une solution durable au lieu des “vatsy tsinjo” éphémères ? Serait-il temps de penser à une vraie industrialisation apportant des valeurs ajoutées loin de profit népotiste? Serait-il temps de…Le temps est dur. Pour tout le monde. Ils n’avaient pas prévu cela. Nous, non plus.

 

 

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