Politique

Coronavirus: Le gouvernement tente de jouer avec les chiffres

Le Premier ministre Ntsay Christian veut minimiser l’ampleur de la propagation du coronavirus en évoquant une contamination moyenne avoisinant les 276 pas jour. Mais ce constat ne tient pas compte de la limite de la capacité de tests, les pics à plus de 500 cas et les décès non-comptabilisés.

Une intervention qui semblait être à contre-courant de la réalité sur le terrain dimanche pour le Premier ministre Ntsay Christian.

Alors que beaucoup s’attendait à une prise de mesures à la hauteur de la dégradation de la situation avec un nombre de nouvelles contaminations et de décès qui explose, le chef de gouvernement a tenté de minimiser l’ampleur de la catastrophe en jouant avec les chiffres.

Il a parlé d’une moyenne de 276 nouvelles contaminations quotidiennes en prenant soin de mentionner qu’il y a eu des pics à plus de 500 contaminations comme c’était le cas le 22 juillet avec 548 personnes testées positives. Sans parler du nombre de décès qui ne cesse de gonfler, et ce, alors qu’il existe des victimes malades présentant des formes de la maladie et ayant succombé sans avoir été testés.

Pas de durcissement du confinement donc pour tenter de maîtriser la circulation de la population tananarivienne et diminuer le nombre de cas contacts. Tout au long de la semaine écoulée, une folle rumeur sur l’instauration d’un confinement total a circulé mais ce n’est pas finalement le cas.

Le gouvernement a, au contraire, opté pour un léger assouplissement en autorisant les restaurants à rouvrir partiellement dans la matinée. Une réponse sans doute accordée à l’appel à une prise de mesure immédiate lancée par les professionnels du secteur tourisme sur un risque de catastrophe humanitaire avec une possible perte de 40 000 emplois directs.

Concernant les mesures d’accompagnement du confinement justement, Ntsay Christian n’a pas apporté de nouveautés. Il a simplement rappelé le report des échéances de paiement des charges fiscales et patronales mais est resté muet sur la demande d’annulation pure et simple réclamée par les entreprises à l’arrêt depuis quatre mois.

Pas de nouvelle mesure également pour le côté social alors que la vulnérabilité de la population ne cesse de s’aggraver avec la restriction des déplacements qui affectent les activités économiques.  C’est ce qui fait le paradoxe de la déclaration du chef de gouvernement, d’ailleurs, puisqu’il déclare en même temps que le pays n’a pas de problème de trésorerie mais de gestion et de gouvernance face à la pandémie “qu’il reste à améliorer”.

Néanmoins, il faut reconnaitre que le style plus technique et pragmatique de Ntsay Christian est à l’opposé de celui du président Andry Rajoelina dans cet exercice médiatique dans la lutte contre le coronavirus. Pas de promesse ni de déclaration populiste mais juste des faits qui ont le mérite d’être mieux appréciés par l’opinion, même si pratiquement tout le monde est resté largement sur sa faim.

Les aspects pratiques de la réouverture des restaurants, par exemple, soulèvent encore des confusions ainsi que l’arrêt obligatoire du service à 13 heures. En tout cas, l’évolution de la situation sanitaire dans les deux prochaines semaines d’état d’urgence sanitaire jugera sans doute de cette position adoptée par le gouvernement. Pour la prochaine intervention médiatique, les chefs de l’exécutif auront sans doute à trancher sur des sujets brûlants tels que le maintien des dates d’examen et une situation économique qui aura sans doute évolué.

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